La plaie et le couteau

from by Héliodrome

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lyrics

Devant moi s’ouvre le désert, / Imprégné du silence de la route de Soi / Je m’apprête à traverser encore une fois / Le vide affectif sur un fil de fer. / En suivant les traces stériles laissées par la mer / J’espère encore trouver dans le sable / La rose en pierre qui pourra sceller mon âme. / Mais les grains glissent entre mes doigts / Et ceux qui restent collés à ma sueur s’y noient, / Ne pouvant survivre du peu de chaleur que j’octroie / Surtout la nuit quand je dors et que mon corps devient froid. / Cette petite mort est une escale / Où j’en profite pour alléger le poids de mes sandales / Et attendre en méditant / Le passage de la prochaine caravane sentimentale. / Mais dès que souffle le vent de l’est / Mon attention se disperse, / Balayée avec les restes d’Osiris / Aux cinq coins de la pyramide de verre / Qui permet de momifier le peu d’humanité qui me sert. / Chaque morceau isolé de plénitude / Qui coexiste en moi sans se rencontrer / Sont rassemblés à chaque fois par l’attraction qu’exerce / L’amante fidèle qui conserve encore en elle / Les larves de Bombyx lui permettant de tisser le ciel. / À l’abri dans les motifs opaques du tapis / Les secrets du zodiaque s’épanouissent en mythes / Qui grugent les fibres de vérité jusqu’à l’oubli. / Mais avec l’équinoxe du printemps subsiste / Un rite de survie millénaire qui consiste / À faire des poupées d’ivoire en chair / À partir de corps blanchit par l’hiver.

Pour chacune d’elle je construis un sanctuaire / À même l’endroit où je les enterre. / Chaque partie de saint devient une relique / Qui facilite le maintien d’un lien psychique / Avec la force contenue dans le souvenir / Des rencontres hérétiques que j’invoque avec mes soupirs. / Sous le couvert de la prière, / J’ingère les différentes espèces d’amanites / Qui macèrent dans le jus de mes oraisons écrites. / Mais ce sont les improvisations qui précipitent / Les apparitions subites de la Vierge Noire / Que je confonds avec le délirium de l’arrêt de boire. / Seul homme sur la rive du fleuve de l’amour illusoire / Je me jette dans la mère morte / Et rapporte le début de mon histoire / À la nuit où les vagues ont cogné à ma porte. / Cette nuit-là mes rêves se sont ouverts / Et le dialogue pervers qui me parcoure l’échine / S’est levé comme un cobra royal qui hallucine / Sa morsure entre la dentelle et un tatouage tribal anonyme. / Les illusions au sujet des icônes s’animent / Et pour circonscrire le champ de l’angoisse à l’abîme / J’ai roulé en cônes les ombres féminines / Qui dansent derrière le papier de riz / Et fumé les filaments de résine / Jusqu’au bout de mes doigts jaunis. / Dans le creux sombre de leur épiderme / Les lacérations profondes sur leurs poignets / Se lisent comme des histoires de martyres modernes / Que la souffrance interne raconte. / Les larmes de sang qui s’écoulent sur les joues de porcelaines / Les rendent si belles que je découvre des veines / Là où il n’y avait que des traces de vie humaine : / Dans les draps d’une rivière asséchée / Tachés des stigmates mensuels / Où les seuls textes sacrés qui nous restent / Sont des bouts de papiers sur lesquels / Sont inscrits les numéros de nos ex.

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from Le Jardin des Especes, released March 14, 2017

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