Le langage des oiseaux

from by Héliodrome

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lyrics

À chaque jour je la croise pour la première fois, Celle qui dévore mes fantasmes comme les restes interdits du roi. / Accroché à une mangeoire exposée au gré du vent, / Je m’offre comme totem d’un soir taillé sur l’arbre de ses amants. / Au même moment où je l’investis de ma pensée je reçois / L’identité secrète qui me permet de m’élever parmi les oies / Qui à chaque saison sauvage migrent le long de corridors étroits / Jusqu’aux bancs d’école où le rêve d’unir leur corps échoit. / Sur la berge, les carcasses d’oiseaux se mêlent à celles des humains / Qui se sont jetés du haut de l’escalier dressé comme phare alexandrin. / Leur sexe découvert est offert brûlant à la vue de tous / Pour leur rappeler que l’instinct ne peut pas nous sauver du gouffre.

Messager du monde invisible silencieux la nuit, / Mon discours est sans paroles, sans langues et sans bruits. / Entends-le sans oreilles et comprends-le sans ton esprit.

Un murmure s’élève comme une rumeur dans la volière des charognards ; / On accuse mes pairs d’être des tueurs sous leur armure de miroir. / Pourtant ils se nourrissent du silence des sépultures à ciel ouvert / Où pourrissent les corps morts couverts de honte et de vers. / Quand j’ai pris mon envol, j’ai retenu dans mes serres des lambeaux de chair, / Arrachés au col des statues de sel sur lesquelles mon bec s’acère. / Perdus de vue par l’adulte, errent au sol les enfants qui se trompent de mère / Et trient parmi les cris le reflet de celui qui pourrait les faire taire. / Amaigris ils ont appris à survivre sur terre dans un espace restreint / Et se sont construit un nid de disques et de livres qui les libère de la faim. / Les ailes déployées dans leur cage ils ont été floués par l’appeau, / Par le chant du chasseur au plumage camouflé sous sa peau.

Les roulements de tambour sonnent la marche forcée des oiseaux / Dans la parade des oriflammes aux couleurs vives de leur libido. / Rouge, Iblis la nuit dernière m’a encore troué les lèvres de ses mots / Et m’a convaincu de signer la trêve pour mettre fin au massacre des oripeaux. / Sauf qu’à mon réveil j’avais dans la bouche un goût âcre de charbon et de fer / Et pris les taches de sang sur l’oreiller comme une déclaration de guerre. / C’est pourquoi j’ai levé une armée en même temps que le soleil / Et couru sur la ligne d’horizon jusqu’à ce que mes pieds deviennent vermeils. / Le coq sur les armes de mon blason sonne l’alarme d’une crise existentielle ; / Ma cote sera les femmes qui périront dans les flammes de mon sommeil. / Et quand le phénix renaîtra dans les cendres tièdes de ces matins consumés, / Il saura que les passages des eaux du Styx finissent par tout faire oublier.

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from Le Jardin des Especes, released March 14, 2017

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