Occuper les marges

from by Héliodrome

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lyrics

Il s’est lancé dans le recel des doctrines orientales / Où il est devenu l’infidèle reclus qui a vendu en ligne l’animal / Pour transgresser les règles du marché interdit / Auquel le désir de solitude a mis une tête à son prix. / Le combat pour faire grandir sans eau l’embryon de son âme / N’a fait que lui fournir trop tôt l’embarras des armes / Mais sa bouche comme ses bras blessent quand ils embrassent l’ivresse / De posséder les mots et les voix qui dictent le choix de ses gestes. / Il ne sait plus où il a perdu le regard de l’Autre / Peut-être volé par cette gitane dont il a déjà été l’hôte / Et qui lui a laissé à conserver des miettes de souvenirs fauves / Qui guettent le moment propice pour sortir se nourrir d’aumônes. / Dès que les sacrifiées entrent dans l’arène où ses pensées rôdent / Elles se limitent désormais à leur seul statut de choses / L’instinct a tôt fait de lacérer les corps marqués par la faute. / Pour enfin se délecter du festin bridé au fond de leurs yeux jaunes.

Pour purger le mal il a choisi de s’exiler sur une montagne / Et d’invoquer le vide en lisant des magazines de femmes. / Il a scellé le sacré de l’offrande dans du papier glacé / Et taché ses doigts d’une encre qui n’a jamais séchée. / Son empreinte est visible quand se déchaînent les mains / Qui contiennent les mots comme sa haine entre deux points. /

L’haleine des chimères taillée à même les restes du matin / Vient empester ses prières scandées comme des vulgaires refrains. / Par dégoût il s’est rasé le crâne à coup de cubes de sucre, / Le fou a ainsi embrasé les charmes des succubes qui luttent / Entre elles pour une place sur le trottoir de ses rêves / Et qui espèrent se faire traîner dans le froid de ses soirées de misère. / Pour se réchauffer il a ouvert les entrailles de ses cendriers / Et essayé de lire l’avenir dans les mégots allumés. / Par accident il a mis le feu et la maison close s’est éclairée / Sur une scène de film que la vitre propose à ses invités.

Il a compris que tout ce qu’il écrit est le traité d’une revanche / Imprégnée de la salive empoisonnée des confessions illusoire / Que cette prêtresse aux seins nus a initié dans l’espoir / Que sa langue glisse et révèle la ligne courbe de ses hanches. / Les lapsus s’oupsent et roulent en semence entre ses cuisses / Tandis que la corne symbolique de Baal se hisse / Dans la structure de l’écrit primal des lettres magiques / Qui dressent les plus sauvages en golems aux crocs d’aspic. / Sa parole s’envenime quand s’anime le visage de l’alinéa / Qui cherchent à faire sortir le paragraphe de son plan plat. / Soumis à la main divine qui le tient serré entre ses doigts / L’animal triste s’affaisse dès qu’il a craché sur sa proie. / Dans le vide de ses marges se déploie l’obscène de ses traits / Qui révèlent le vrai vêtement d’où ses fantasmes s’extraient ; / Des La Senza souillées aperçues sous des robes de jour / À l’insu de l’idéal religieux qui s’est construit autour.

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from Le Jardin des Especes, released March 14, 2017

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