Sous la peau de l’ours

from by Héliodrome

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lyrics

Lutter contre le sommeil ne s'est pas avéré une solution à mes rêves récurrents, / Pour faire fuir les pigeons, des clous de six pouces sur chaque corniche en guise d'ornement, / M'ont suggéré comme cénobite prisonnier du cube de Lemarchand. / La tête lourde, je m'enfonce la nuit avec chaque respiration / Pour me réveiller le matin sur le sol de mon imagination. / En me levant je remplis mon cahier de notes des observations faites de cette fenêtre, / Sachant très bien que le matelas refermé sur moi, n'avait qu'un souhait, celui de me faire disparaître. / Pour préserver mon anonymat j'ai mis le feu aux vêtements que j'avais déjà porté / Et la seule façon qu'il reste à l'ennemi pour arriver à me reconnaître / Est la collection de piqûres d'insectes alignées sur un de mes côtés. / Pourtant j'ai l'impression qu'on me force à afficher mon identité sur un brassard / Me faisant sentir vulnérable comme si ce qui était caché pouvait désormais se faire voir. / À toutes les fois que je sors, le poids de l'histoire collective s'écrase contre ma vitre / Ce ne sont plus que des plaintes dérisoires qui traversent mes tripes. / J'ai essayé d'arrêter de me nourrir d'impressions antisémites / Mais le seul remède efficace s'est avéré un mélange d'alcool fort et d'herbes macérées / Que j'ai calé dans des mini-bouteilles en pleine rue. / Au dessus des souterrains jaunes où le coût des transports a été perdu de vue, / Je ne peux plus feindre d'ignorer l'éventualité d'un bras tendu / Qui risque de surgir hors de terre pour s'agripper à mes chevilles / Et m'entraîner dans la fosse commune qu'est la fausse humilité des vaincus. / Opprimé par l'angoisse associée aux restes d'un souvenir totalitaire / Je revendique la primauté de certains de mes plaisirs solitaires / Qui me permettent de passer de longues heures seul dans ce cimetière / Où dans chaque recoin s'entremêlent l'odeur de pisse et de bière. / Par souci de rigueur j'ai pris les corbeaux comme témoins immobiles de mes vices / Mais même eux s'indignent par leur cris de me voir vivant parmi les immondices ; / Des restes de cadavres et de squelettes qui s'accumulent et pourrissent mes relations / Prises dans des répétitions encore plus évidentes quand se confondent les prénoms.

Embarqué dans un train en direction des lieux qui me hantent, / Je me sens déjà vieux devant les nombreuses soirées que j'appréhende. / Si au moment de l'énoncé je suis déjà le souvenir d'un passé éteint, / Exiler mon corps hors du champ de la parole n'aura servi à rien. / Je me revois encore une fois essoufflé dans une gare sur les quais / À essayer de trouver vainement l'endroit que le symbole a marqué / Du sceau d'un réel qui m’autorise à recommencer à boire et fumer. / Perdu dans des réflexions existentielles que j’ai de la misère à articuler, / Les arrêts aux stations m'offrent le répit de brûler ma langue au soleil / Et je sacrifie en parlant le contrôle sur ma production personnelle d'étincelles. / Sauf qu'au fil des jours dans ma bouche la pile de cendre qui s'amoncelle / Me fait cracher une fumée grise quand je tousse des restes de sommeil.

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from Le Jardin des Especes, released March 14, 2017

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